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إسقاط صدام حسين أم تفكيك العراق؟

صمد صدام لأن بوش أراد استبدال ديكتاتور بآخر لا انتفاضة شعبية — والسؤال الحقيقي: هل الهدف إسقاطه أم تفكيك العراق؟

Renverser Saddam Hussein ou démembrer l’Irak?

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Renverser Saddam Hussein ou démembrer l’Irak?

Monde Diplomatique

Fawwaz Traboulsi*

Deux ans après l’invasion et l’annexion du Koweït par le régime irakien, plus de 500 jours après la fin de la guerre du Golfe, la plupart des problèmes à l’origine de ce conflit restent entiers, aggravés par ses séquelles. Tandis que s’ouvre une ‘saison de défis’ et de provocations réciproques entre le régime de Bagdad et les forces alliés, les menaces de recours aux options militaires renouvellées par l’Amérique de Mr. Bush posent de plus en plus la question de leurs buts: le renversement de Saddam Hussein ou le démembrement de l’Irak?

Le dictateur irakien ne cesse de saluer sa ‘mère des batailles’ comme une victoire- ne fut-ce que par ce qu’elle a permit de ‘démasquer les traitres à la nation arabe’- et persiste et signe dans sa revendication du Koweït comme ‘19ème gouvernorat de l’Irak’. De son côté, l’ONU ne semble pas avoir progressé dans la résolution du litige frontalier, une des causes du conflit entre les deux pays. Le rapport de son comité sur le tracé des frontières, révélé en avril dernier, prive l’Irak d’un accès au Golfe, tandis que le Koweït est récompensé de trois-quarts de la surface des champs pétroliers de Roumeila, dont un dixième seulement était originellement sur son territoire. Les propositions sont si arbitraires que l’Arabie Séoudite a pris l’initiative de demander une revision et que l’opposition irakienne – qui rend ‘l’aventurisme’ de Saddam Hussein unique responsable de l’embargo et s’abstient de demander sa levée- n’a pu ‘avaler’ cette nouvelle couleuvre.

Les observateurs et journalistes qui ont visité l’Irak s’accordent sur l’impressionnante reconstruction de l’après guerre- quatre cinquième des dommages réparés- tandis que le Pentagone admet avoir surestimé les pertes infligés par la ‘tempête du désert’. L’Irak- dont la plus grosse partie du stock d’armes ‘de destruction massive’ a été détruite par les experts de l’ONU- aurait conservé 40% de son potentiel militaire. Dans tous les cas, triste récompense pour un peuple qui souffre d’un embargo qui appauvrit et tue toujours et de la répression non moins meurtrière du régime bassiste. Jusqu’à présent, les mesures punitives visaient Saddam Hussein mais atteignaient la population irakienne. Dernière en date, Mr. Robert Gates, directeur de la C.I.A., en tournée dans les pays de la région pour bien ‘verrouiller’ l’embargo, a réussi à convaincre le roi Hussein de Jordanie de poster des observateurs de l’ONU sur ses frontières avec l’Irak. La centrale de renseignements américaine a également réussi à inonder le marché irakien de faux billets. Résultat: la valeur du dinar irakien chûte de 50% et la pénurie progressive des denrées alimentaires pèse de plus en plus lourd. Saddam trouve ses boucs émissaires: il fait arrêter cinq cents commerçants accusés de spécualtion et profits illicites dont une quarantaine sont exécutés…

Comment le régime a survécu

Non moins impressionnant pour les observateurs est le renforcement du pouvoir de celui dont le renversement fut un des buts déclarés de la guerre. Le ‘chef-nécessité’, de son nouveau nom, a survécu aux rudes épreuves des soulèvements populaires de mars 1991, en partie, grâce au non-interventionisme de Mr. Bush qui “ne voulait pas que le peuple se soulève, il voulait tout simplement que les militaires remplacent un dictateur par un autre”. Dans tous les cas, les avantages du maintien de Saddam au pouvoir étaient de taille: un prétexte pour la continuation de l’embargo, le maintien de la hausse des prix du pétrole sur le marché mondial, l’affaiblissement de l’Irak et prévenir son retour sur la scène régionale ou internationale.

Sur le plan intérieur, l’interlude prometteur d’ouverture du gouvernement de Saadoun Hammadi, un des rares chiites dans le cercle interne des dirigents irakiens, a été de courte durée. Saddam coalise autour de sa personne et du Conseil de commandement de la révolution (CDR) les fidèles du parti, les quelques deux mille originaires de Takrit qui quadrillent l’armée, les services de renseignements et l’administration, mais il s’appuie surtout sur la famille proche. Les excès dont ont fait preuve les militants du Haut conseil de la révolution islamique (HCRI) de Mohammad Baqer al-Hakim durant les soulèvements du sud, par leur mot-d’ordre d’un ‘gouvernement jaafarite’ (chiite) et leurs violences sans discrimination contre les baassistes et leurs familles, ont propagé la peur que le régime ne manque d’exploiter: un changement de régime n’entraînerait-il pas des massacres non seulement contre les baassistes mais aussi contre la communauté sunnite?

Les négociations avec les représentants des organisations kurdes qui ont duré un an (de mars 1990 à février 1991) ont constitué une période de répit pour le régime, d’autant plus que les Kurdes ont accepté de se dissocier de leurs partenaires arabes dans l’opposition et de mettre en veilleuse les revendications sur la démocratie, en échange de promesses de pluri-partisme- qui sont restés lettre morte- et d’élections législatives- qui ont donné naissance à un parlement mort-né… Pour le reste, les pourparlers font du progrès concernant la définition de la zone d’autonomie kurde mais butteront sur deux points qui mèneront à leur supension. Bagdad oppose un refus net à l’inclusion des champs pétroliers de la région de Kirkouk dans la zone autonome. Sur la question des finances, les négociateurs kurdes demandent un budget indépendant proportionnel au nombre d’habitants kurdes par rapport à la population du pays (un tiers, selon eux) tandis que Bagdad n’admet qu’un budget central qui distribuerait les fonds aux diverses régions du pays selon des projets de développements concrets.

Cette période de répit a permis au régime de concentrer ses forces contre l’opposition chiite. Les dons généreux de Saddam pour la reconstruction des sites religieux dans les villes saintes du chiisme- … détruites par ses propres troupes- se sont accompagnés de l’obligation des tribus du sud de renouveller leurs vœux d’allégeance au Président et d’une campagne militaire pour ‘pacifier’ les marais au nord de Bassorah, les célèbres Ahwar, où sont retranchés entre 30 et 50 milles rebelles de mars 1991 et déserteurs de l’armée.

Le facteur turc

L’année passée a connu un changement radical de l’équilibre des forces régionales impliquées dans la préparation de la relève du régime irakien, avec des répercussions sur l’état de l’opposition qui n’ont pas pour autant contribué à son unité. Le congrès de Beyrouth, il y a deux ans, se tient sous l’égide syrienne et iranienne, les deux régimes qui espéraient prendre la relève d’un régime voué à l’effondrement après sa défaite. Il est boycotté par les groupes basés en Arabie Séoudite. Fin février 1992, une réunion de l’opposition à Ryad se fait sans les partis kurdes et le parti communiste (PCI), mais Mohammad Baqer al-Hakim chef du HCRI, est reçu par le roi Fahd, suite au rapprochement entre l’Arabie Séoudite et l’Iran. Le congrès de Vienne en juin dernier, qui regroupait des délégués représentants les deux principales formations kurdes, l’Union patriotique kurde (UPK) de Mr. Jalal Talabani et le Parti démocratique kurde (PDK) de Massoud Barazani en plus des organisations chiites et nationalistes moins représentatives et des personnalités indépendantes, c’est tenu sans représentants des principales organisations chiites, des formations nationalistes et du PCI. Le congrés a élu un Conseil National et reconnu le droit du peuple kurde à l’autodétermination sans ‘sécession de la patrie irakienne unifiée’.

Les résultats des élections kurdes de mai 1992 pèsent en faveur de l’UPK de Talabani, qui tient maintenant des propos scécessionistes, aux dépends du PDK de Barazani qui prône une autonomie kurde dans le cadre d’un Irak démocratique, négociée avec Bagdad quel que soit le régime en place. Le parlement kurde est divisé à égalité entre les deux formations et a donné lieu, en juillet dernier, à un exécutif qui gère tant bien que mal, un noyau d’administration, une force de police et un système scolaire.

L’établissement d’un exécutif kurde s’est accompagné d’un changement dans la politique turque jusqu’alors fermement opposée à toute forme d’autonomie kurde en Irak, de peur des répercussions sur les dix millions de kurdes de Turquie. Le règlement du litige syro-turc sur la distribution des eaux de l’Euphrate avec la Syrie, a entrainé l’arrêt de toute aide du régime de Mr. Hafez Assad aux militants du Parti des travailleurs kurdes (PKK). Ankara, qui a reçu à maintes reprises les deux leaders kurdes irakiens, Barazani et Talabani, semble s’aligner sur une politique longuement pratiquée par les régimes en place à Bagdad et à Téhéran: “appuie les kurdes chez ton voisin pour couvrir la répression des kurdes sur ton propre territoire”. Le président Ozal s’en fait l’avocat, non sans opposition intérieure. Quand Jalal Talabani propose l’annexation du kurdistan irakien à la Turquie, le président turc répond à l’invitation, en proposant le 5 août que son pays ‘intervienne dans le nord irakien’ et avance une aide économique à son mini-gouvernement. Ozal espère ainsi faire d’une pierre deux coups: mettre fin aux incursions des combattants du PKK – qui a fêté le huitième anniversaire du déclenchement de sa lutte armée par des manifestations de masse et des opérations armées le long de la frontière – et remplir un vide avant qu’une une tierce partie ne l’occupe.

Le 27 juillet, une délégation des congressistes de l’opposition qui se sont réunis à Vienne, dirigée par Barzani et Talabani, reçue à Washington par le secretaire d’Etat James Baker et Brent Snowcroft, conseiller du Président pour la sécurité, a été encouragée à établir une ‘direction nationale’ de l’opposition au Kurdistan et les responsables américains ont promis d’étudier leur demande que les fonds gelés du gouvernement irakien soient mis à sa disposition. Ces représentants de l’opposition irakienne parlent de constituer une armée de deux cent milles combattants; demandent que l’ONU constitue une zone pacifiée dans le sud irakien et que soit interdit à l’armée irakienne le droit d’utiliser les hélicoptères de combat.

Les déchirements des factions de l’opposition irakienne entre les différentes capitales n’ont pas seulement exacerbé ses divisions internes mais elles correspondent aussi à de bouleversements survenus dans les alliances et les rapports de force des voisins concernés. La Syrie est marginalisée, le nord de l’Irak devient de plus en plus une chasse gardée de la Turquie qui devient le point d’appui principal aux kurdes. Le dégel irano-séoudien, a permit, semble-t-il, un compromis qui aurait laissé le sud de l’Irak aux mains des alliés.

Pour un “droit d’ingérence démocratique”

Comment ne pas établir les liens entre la relance des ‘choix militaires’ concernant l’Irak et le début de la campagne électorale américaine? Quand Mr. Bush, en chûte libre dans les sondages, comptait miser à fond sur ses victoires contre le communisme et dans la ‘tempête du désert’, il se voit rappelé par ses détracteurs dans le parti démocrate de n’avoir pas tenu sa promesse de renverser Saddam Hussein. Ainsi la crise de 21 jours en juillet sur le droit des inspecteurs de l’ONU d’inspecter dans le ministère de l’agriculture suscite l’envoie d’un nouveau porte avion américain dans le Golfe et de 2400 marines pour entreprendre des manœuvres communes avec l’armée koweïtienne. Aussitôt la crise réglée par un compromis qui permet à Bagdad de crier victoire, que la presse américaine révèle un plan pour bombarder des ministères irakiens, le cas où Bagdad refuserait l’accés des inspecteurs de l’ONU au ministère de l’industrie militaire (déjà fouillé sans rien y trouver). L’absurdité de ce genre de riposte – démolir des immeubles qu’il fallait inspecter à la recherche de documents incriminants- oblige Mr. Bush à se défendre publiquement de ne pas chercher à provoquer le régime de Bagdad, et l’ONU se distance de toutes considérations politiques. Le cap est alors mis sur la situation dans le sud du pays qui dure depuis la fin de la guerre et l’idée de la zone d’exclusion dans le sud est lancée avec le début des préliminaires du parti républicain à Houston pour consacrer le tandem Bush-Quayle candidats aux élections présidentielles…

Il est difficile de voir comment l’instauration de cette deuxième “zone d’exclusion” (au sud du 32ème parrallèle) contribue à la défense des habitants des marais, quand Saddam Hussein dispose toujours de ses tanks et son artillerie lourde. Le maxime de Mr. Snowcroft – “l’armée de Saddam Hussein n’est forte que contre son peuple”- résonne ici avec tout son cynisme. Elle reste forte contre son peuple, même privée du droit d’utiliser son aviation…. En plus, “l’exclusion” de ces deux parties du pays ne servira qu’à renforcer le régime de Bagdad et coaliser l’armée autour de la personne du ‘chef-necessité’, érigé en seul défenseur de l’unité du pays et sa souveraineté. Dans le cas où la nouvelle “zone d’exclusion” dans le sud serait le premier pas pour l’instauration de deux ‘armées de libération’ que prônent certains milieux de l’opposition (une au sud et un au nord), l’idée devient encore plus dangereuse car elle contient tous les élements d’une future guerre civile..

Le cas de l’Irak est une illustration flagrante de cette “manipulation sélective des droits de l’homme” dans le monde arabe, si justement dénoncée par Georges Corm. Non seulement le régime irakien est ciblé à l’exclusion de tous les autres régimes de la région- moins flagrants et meurtriers, peut-être, mais tout autant pesants sur leurs peuples- mais la résolution no. 688 du conseil de sécurité de l’ONU sur la protection des ‘populations civiles’ en Irak est en train de servir de prétexte pour une hiérarchisation arbitraire des victimes à l’intérieur de l’Irak même, selon de termes ethno-confessionnels. Déjà on parle d’ ‘irakiens’ qui sont en train d’opprimer les ‘chiites’ (la majorité des habitants du pays!!) après avoir opprimé les kurdes?!! Au fait, les irakiens, toutes confessions et groupes ethniques confondus, sont tous aussi assoifés de liberté et ont exprimé, de mille manières et avec de grands sacrifices, leur désir de se libérer de la dictature, pas moins à Bagdad et dans ce qu’on appelle le “triangle sunnite” qu’ailleurs…

Mise à jour

Le 27 juillet, une délégation des congressistes de l’opposition qui se sont réunis à Vienne, dirigée par Barzani et Talabani, reçue à Washington par le secretaire d’Etat James Baker et Brent Snowcroft, conseiller du Président pour la sécurité, a été encouragée à établir une ‘direction nationale’ de l’opposition au Kurdistan et les responsables américains ont promis d’étudier leur demande que les fonds gelés du gouvernement irakien soient mis à sa disposition. Ces représentants de l’opposition irakienne parlent de constituer une armée de deux cent milles combattants; demandent que l’ONU constitue une zone pacifiée dans le sud irakien et que soit interdit à l’armée irakienne le droit d’utiliser les hélicoptères de combat.

Les déchirements des factions de l’opposition irakienne entre les différentes capitales n’ont pas seulement exacerbé ses divisions internes mais elles correspondent aussi à de bouleversements survenus dans les alliances et les rapports de force des voisins concernés. La Syrie est marginalisée, le nord de l’Irak devient de plus en plus une chasse gardée de la Turquie qui devient le point d’appui principal aux kurdes. Le dégel irano-séoudien, a permit, semble-t-il, un compromis qui aurait laissé le sud de l’Irak aux mains des alliés.

Pour un “droit d’ingérence démocratique”

Comment ne pas établir les liens entre la relance des ‘choix militaires’ concernant l’Irak et le début de la campagne électorale américaine? Quand Mr. Bush, en chûte libre dans les sondages, comptait miser à fond sur ses victoires contre le communisme et dans la ‘tempête du désert’, il se voit rappelé par ses détracteurs dans le parti démocrate de n’avoir pas tenu sa promesse de renverser Saddam Hussein. Ainsi la crise de 21 jours en juillet sur le droit des inspecteurs de l’ONU d’inspecter dans le ministère de l’agriculture suscite l’envoie d’un nouveau porte avion américain dans le Golfe et de 2400 marines pour entreprendre des manœuvres communes avec l’armée koweïtienne. Aussitôt la crise réglée par un compromis qui permet à Bagdad de crier victoire, que la presse américaine révèle un plan pour bombarder des ministères irakiens, le cas où Bagdad refuserait l’accés des inspecteurs de l’ONU au ministère de l’industrie militaire (déjà fouillé sans rien y trouver). L’absurdité de ce genre de riposte – démolir des immeubles qu’il fallait inspecter à la recherche de documents incriminants- oblige Mr. Bush à se défendre publiquement de ne pas chercher à provoquer le régime de Bagdad, et l’ONU se distance de toutes considérations politiques. Le cap est alors mis sur la situation dans le sud du pays qui dure depuis la fin de la guerre et l’idée de la zone d’exclusion dans le sud est lancée avec le début des préliminaires du parti républicain à Houston pour consacrer le tandem Bush-Quayle candidats aux élections présidentielles…

Il est difficile de voir comment l’instauration de cette deuxième “zone d’exclusion” (au sud du 32ème parrallèle) contribue à la défense des habitants des marais, quand Saddam Hussein dispose toujours de ses tanks et son artillerie lourde. Le maxime de Mr. Snowcroft – “l’armée de Saddam Hussein n’est forte que contre son peuple”- résonne ici avec tout son cynisme. Elle reste forte contre son peuple, même privée du droit d’utiliser son aviation….En plus, “l’exclusion” de ces deux parties du pays ne servira qu’à renforcer le régime de Bagdad et coaliser l’armée autour de la personne du ‘chef-necessité’, érigé en seul défenseur de l’unité du pays et sa souveraineté. Dans le cas où la nouvelle “zone d’exclusion” dans le sud serait le premier pas pour l’instauration de deux ‘armées de libération’ que prônent certains milieux de l’opposition (une au sud et un au nord), l’idée devient encore plus dangereuse car elle contient tous les élements d’une future guerre civile..

Le cas de l’Irak est une illustration flagrante de cette “manipulation sélective des droits de l’homme” dans le monde arabe, si justement dénoncée par Georges Corm. Non seulement le régime irakien est ciblé à l’exclusion de tous les autres régimes de la région- moins flagrants et meurtriers, peut-être, mais tout autant pesants sur leurs peuples- mais la résolution no. 688 du conseil de sécurité de l’ONU sur la protection des ‘populations civiles’ en Irak est en train de servir de prétexte pour une hiérarchisation arbitraire des victimes à l’intérieur de l’Irak même, selon de termes ethno-confessionnels. Déjà on parle d’ ‘irakiens’ qui sont en train d’opprimer les ‘chiites’ (la majorité des habitants du pays!!) après avoir opprimé les kurdes?!! Au fait, les irakiens, toutes confessions et groupes ethniques confondus, sont tous aussi assoifés de liberté et ont exprimé, de mille manières et avec de grands sacrifices, leur désir de se libérer de la dictature, pas moins à Bagdad et dans ce qu’on appelle le “triangle sunnite” qu’ailleurs…

Il y a un autre choix que cette dérive lourde de conséquences: laisser au peuple irakien la liberté de choisir son gouvernement par des élections libres sous contrôle international. Si l’ONU a pu se donner le droit d’ingérence pour imposer un embargo sur tout un peuple, autoriser une guerre destructive de quarante jours, ordonner l’hypothéque des ressources et richesse du pays, fouiller ses plus petits recoins à la recherche d’indices sur les ‘armes à destruction massive’, elle pourrait tout aussi bien s’accomoder de pratiquer, ne serait-ce que pour une fois, son droit à une’ ‘ingérence démocratique” qui rendrait enfin justice à un peuple qui a tant souffert …

Sauf si l’idée est de démembrer un pays qu’on estime trop riche et surpeuplé, dans le cadre de la recolonisation de la région et selon une certaine idée de la sécurité dans le Golfe qui ne conçoit ses pays que comme un chapelet de concessions pétrolières sur laquelle trône des ‘tribus avec drapeaux’.

Les massacres ethniques de l’ex-Yougoslavie seraient-ils le seul avenir que nous proposerait le fameux nouvel (dés)ordre mondial?

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Les soulèvements de mars 1991: encouragés par l’appel du 15 février du président Bush au peuple et à l’armée irakiens de ‘se débarasser de SH’, étaient-elles organisées ou spontanées. Les partis de l’opposition, nottament les partis kurdes, le PCI et le HCRI s’étaient emparés des soulèvements très vite: on pourrait dire qu’ils réagissaient à de pressions de la part des Syriens et des Iraniens pour déclencher une révolte dans l’espérance d’hériter vite de l’imminente chute de SH. Après l’écrasement des soulèvements, les partis se désengagent de ces actions spontanées des masses, malgré le fait que Mr. Talabani avait déclaré la constitution imminente d’un gouvernement provisoire à Mossul, qui n’a jamais passé sous son contrôle, et les ordres lancés par Mr. Muhammad Baqer al-Hakim de soumettre tous les rebelles au sud sous son autorité. Selon certains intellectuels de l’opposition irakienne, l’opposition fut la première surprise par les révoltes. La colère populaire fut déclenchée par des soldats et officiers revenants du Koweït et fuants les massacres de al-Mutla qui blâmaient SH d’avoir accepté de retirer les troupes du Koweït sans aucun arrangement qui assure la sécurité des troupes (les unités d’élite de la Garde Républicaine ayant été retirés au préalable). Les villes sunnites de Abu-l-Khasid et Zubayr, à 60-70 klms au sud de Bassorah, furent les premières à bouger, les derniers jours de février, avant que la révolte fasse tâche d’huile dans tout l’Irak de Bassorah aux villes chiites saintes de Najaf et Karbula, gagnant Sulaymaniah et Irbil au nord le 5 mars. Le scénario fut le même partout; les habitants se joignent aux soldats insurgés qui envahissent les QG du Baas, des mukhabarat et tirent sur les portraits de Saddam. Pourquoi les soulèvements ont-ils échoué? en plus de l’apathie occidentale, i) le ‘triangle sunnite’ ne bougea pas, ii) dans Baghdad, où le pouvoir avait concentré le gros de ses troupes, les habitants ‘attendaient que les soulèvements arrivent à eux ’, selon Abd-l-Jabbâr ; en plus, les partis de l’opposition étaient très faibles dans la capitale, le PCI de 1980 à 1989 s’était contenté de deux formes de luttes: la participation à la lutte armée dans le Kurdistan, quand ses bases furent détruites par les militants de Talabani, une tendance à l’intérieur du Parti opta pour une réconciliation avec le régime de Saddam; iii) les excès du HCRI dont les militants venant de l’Iran lancèrent le mot-d’ordre d’un ‘gouvernement jaafarite’ (chiite) et les actes de violence commis sans discrimination contre les baassistes et leurs familles contribua à la peur qu’un changement de régime entraînerai des massacres non seulement contre les baassistes mais contre les sunnites aussi.

*Journaliste et écrivain du Liban, auteur notamment, en arabe, de Guernica-Beyrouth: une toile de Picasso, une ville arabe en guerre. (1987)

International Herald Tribune, le 6 août 1992.

cf: William Safire, International Herald Tribune, le 5 avril 1991.

La raison avancée est que Hammadi ne fut pas reconduit à la direction régionale du parti lors du dixième congrès, en septembre 1991. Ce congrès élit une direction où le nombre des chiites baisse de 6 sur un total de 15 (au 9 éme congrès) à 3 membres sur un total de 17. cf: Issam Khafagi, ‘State Terror and the Degradation of Politics in Iraq’, in Middle East Report , no. 176, juin-juillet 19992, pp. 15-21.

Son cousin Ali Hassan al-Majid est ministre de la Défense, son demi-frère Watban Ibrahim al-Hassan est ministre de l’Intérieur, son fils aîné, Oudaï, s’érige en idéologue du régime et en successeur officieux, publie son propre quotidien, Babel , et est ‘élu’ président de la fédération des syndicats des journalistes, écrivains et artistes; le cadet, Qousaï est responsable des unités de ‘protection spéciale’ de son père; un deuxième demi-frère, Sibaawi dirige les services de renseignements. Burzan, le troisième demi-frère, représente l’Irak au siège de l’ONU à Genève d’où il gère les fonds secrets du parti (estimés à 28 milliards de dollars) tout en assumant la responsabilité de la ‘sécurité extérieure’.

Le soulèvement du sud a d’ailleurs débuté dans les villes sunnites de la région d’Al-Zubeir à 70 klms de Bassorah, ville mixte. Voir la reconstitution par Faleh Abdul Jabbar du déroulement des soulèvements de mars 1991 et son analyse critique du comportement de l’opposition dans: ‘Why the Uprising Failed’, Middle East Report , no. 120, mai-juin 1992, pp. 2-14

Une série de trois éditoriaux dans l’officiel al-Thawrah (le 1-3 avril 1991, attribués à un des dignitaires du régime) donnent une idée du mépris dans lequel un pouvoir tient une composante de son peuple. Ils soulignent que les habitants des marais ne sont pas arabes d’origine et qu’ils ont toujours été sous influence ‘perse’. En plus d’être aussi têtus que les buffles avec lesquels ils vivent, ils se livreraient au vol, à la mendicité et leurs femmes à la prostitution, non pas par besoin, mais par ‘nature’…

Al-Hayat , 5 juillet 1992.

Hanté par l’expérience douloureuse de son père Mulla Moustafa, laché par les américains en 1975, après l’accord d’Alger entre Saddam et le Chah d’Iran, en vertu duquel l’Irak abandonne ses prétentions sur la région de Chatt al-Arab en contre partie de l’arrêt de l’aide iranienne aux combattants kurdes, ce qui mena à l’effondrement de leur rébellion dont le chef Mulla Moustafa Barzani s’exile aux USA jusqu’à sa mort en 1979. Barazani fils est rassuré par Snowcroft: ‘on ne vous lachera pas’.Internatinal Herald Tribune, le 5 août 1992.

Les revanchards dans certains milieux officieux du Golfe réclament déjà la ‘partition ethnique’ de l’Irak. cf: International Herald Tribune, du 3 août 1992

Les inspecteurs ne trouveront rien dans le ministère. Pie, un des inspecteurs a suggéré que toute la crise aurait pu être évitée et admis que les inspecteurs ne savaient même pas que l’immeuble auquel ils avaient demandé l’accés abritait un ministère! cf. International Herald Tribune, le 31 juillet 1992.

voir son entretien dans Le Monde du 14 juillet dernier.

Hanté par l’expérience douloureuse de son père Mulla Moustafa, laché par les américains en 1975, après l’accord d’Alger entre Saddam et le Chah d’Iran, en vertu duquel l’Irak abandonne ses prétentions sur la région de Chatt al-Arab en contre partie de l’arrêt de l’aide iranienne aux combattants kurdes, ce qui mena à l’effondrement de leur rébellion dont le chef Mulla Moustafa Barzani s’exile aux USA jusqu’à sa mort en 1979. Barazani fils est rassuré par Snowcroft: ‘on ne vous lachera pas’.Internatinal Herald Tribune, le 5 août 1992.

Les revanchards dans certains milieux officieux du Golfe réclament déjà la ‘partition ethnique’ de l’Irak. cf: International Herald Tribune, du 3 août 1992

Les inspecteurs ne trouveront rien dans le ministère. Pie, un des inspecteurs a suggéré que toute la crise aurait pu être évitée et admis que les inspecteurs ne savaient même pas que l’immeuble auquel ils avaient demandé l’accés abritait un ministère! cf. International Herald Tribune, le 31 juillet 1992.

voir son entretien dans Le Monde du 14 juillet dernier.

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المؤلف
فواز طرابلسي
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