{"id":142,"date":"2021-10-14T21:39:25","date_gmt":"2021-10-14T18:39:25","guid":{"rendered":"http:\/\/fawwaztraboulsi.com\/?p=142"},"modified":"2025-03-03T09:34:25","modified_gmt":"2025-03-03T07:34:25","slug":"les-guerres-libanaises-sur-la-necessite-de-se-souvenir-et-le-besoin-doubli-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fawwaztraboulsi.com\/ar\/les-guerres-libanaises-sur-la-necessite-de-se-souvenir-et-le-besoin-doubli-2\/","title":{"rendered":"Les guerres libanaises : sur la n\u00e9cessit\u00e9 de se souvenir et le besoin d\u2019oubli"},"content":{"rendered":"<p><b>Les guerres libanaises : sur la n\u00e9cessit\u00e9 de se souvenir et le besoin d\u2019oubli<\/b><\/p>\n<p>Fawwaz Traboulsi<\/p>\n<p>La m\u00e9moire est un sujet d\u00e9licat aux nombreuses ramifications. En cette \u00e9poque post-moderne, c\u2019est un sujet \u00e0 la mode. Que les motifs en soient valables ou non, il fait partie de l\u2019ordre du jour des peuples des p\u00e9riph\u00e9ries en m\u00eame temps que la lutte pour les droits de l\u2019homme, pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, pour les droits des minorit\u00e9s, l\u2019environnement etc.<\/p>\n<p><b>1) M\u00e9moire, oubli, amn\u00e9sie<\/b><\/p>\n<p>Plut\u00f4t que de parler de la m\u00e9moire et de l\u2019oubli, je voudrais mettre en relief trois processus mentaux li\u00e9s au pass\u00e9 (dans la mesure o\u00f9 toute m\u00e9moire est li\u00e9e au pass\u00e9) :<\/p>\n<p>&#8211; L\u2019amn\u00e9sie, que je voudrais d\u00e9finir comme une d\u00e9faillance de la m\u00e9moire et\/ou une forme de r\u00e9pression de la m\u00e9moire, qui suit la m\u00eame logique que la substitution ou le transfert dans la psych\u00e9 individuelle, \u00e0 savoir que les \u00e9v\u00e9nements et les faits les moins importants prennent la place des plus importants.<\/p>\n<p>&#8211; La m\u00e9moire et l\u2019oubli. Une juxtaposition na\u00efve oppose la m\u00e9moire \u00e0 l\u2019oubli. Dans un petit essai substantiel, Marc Aug\u00e9 fait valoir le fait que les deux processus ont entre eux la m\u00eame relation que la vie et la mort. Il souligne les points suivants : l\u2019oubli est \u00ab une composante de la m\u00e9moire \u00bb, \u00ab Les souvenirs sont fa\u00e7onn\u00e9s par l&#8217;oubli comme les contours du rivage sur la mer \u00bb et r\u00e9sume : \u00ab L\u2019oubli est la force vive de la m\u00e9moire et le souvenir en est le produit \u00bb. On ne peut pas se souvenir de tout ni tout oublier. Nos souvenirs sont des \u00e9crans sur lesquels se refl\u00e8te ce que la m\u00e9moire et l\u2019oubli contiennent et ce qu\u2019ils dissimulent. La r\u00e9pression de la m\u00e9moire ne s\u2019applique pas \u00e0 un fait, \u00e0 un souvenir ou \u00e0 une quelconque trace du pass\u00e9 en tant que telle, elle intervient dans la connexion entre les souvenirs eux-m\u00eames ou entre les traces elles-m\u00eames. Notre rapport au pr\u00e9sent passe n\u00e9cessairement par l\u2019oubli.<\/p>\n<p><b>2) Pourquoi se souvenir d\u2019une guerre civile ? <\/b><\/p>\n<p>Il existe une raison tr\u00e8s simple pour laquelle il est n\u00e9cessaire que les Libanais se souviennent de leurs guerres des ann\u00e9es 1975-1990 et qu\u2019ils en parlent. C\u2019est qu\u2019il faut \u00e9viter une autre guerre. Les \u00e9v\u00e9nements historiques traumatiques ont cette f\u00e2cheuse habitude de se reproduire. <\/p>\n<p>Pourtant, deux ph\u00e9nom\u00e8nes contraires font partie prenante de l\u2019apr\u00e8s-guerre : l\u2019amn\u00e9sie et l\u2019amnistie. <\/p>\n<p>La r\u00e9pression de la m\u00e9moire constitue une tendance g\u00e9n\u00e9rale chez les survivants des \u00e9v\u00e8nements traumatiques afin d\u2019oublier le traumatisme. C\u2019est comme si le prix \u00e0 payer pour pouvoir survivre \u00e0 la guerre \u00e9tait de l\u2019oublier. Ainsi faut-il noter que c\u2019est la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de l\u2019apr\u00e8s-guerre qui se montre plus curieuse concernant la guerre et qui exprime un besoin de connaissance et de m\u00e9moire. <\/p>\n<p><b>Amn\u00e9sie<\/b><\/p>\n<p>La manipulation de la m\u00e9moire est ainsi devenue une amn\u00e9sie officielle programm\u00e9e. Les oligarques du monde des affaires de l\u2019avant-guerre aussi bien que les nouveaux riches et les seigneurs de la guerre ont le m\u00eame int\u00e9r\u00eat \u00e0 maintenir cette manipulation de l\u2019amn\u00e9sie officielle et de plusieurs mani\u00e8res. Aujourd\u2019hui, le r\u00f4le de cette amn\u00e9sie programm\u00e9e est de supprimer tous les souvenirs de la guerre, de les substituer par d\u2019autres et de pr\u00e9parer le terrain pour la construction d\u2019un nouveau Liban. Les moyens : <\/p>\n<p>La <i>r\u00e9pression de la m\u00e9moire<\/i>, qui se manifeste ici sous deux formes : <\/p>\n<ol>\n<li>Effacer les responsabilit\u00e9s de l\u2019avant-guerre. La question qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e est la suivante : Est-ce que la guerre aurait pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9e ou \u00e9tait-ce une fatalit\u00e9 ? Il semble qu\u2019il y ait \u00e0 ce sujet un consensus pour \u00e9chapper \u00e0 cette question, m\u00eame chez ceux qui appellent \u00e0 un devoir de m\u00e9moire et \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement des responsabilit\u00e9s. Et, par cons\u00e9quent, pour laisser entendre que oui, la guerre devait arriver et qu\u2019elle devait durer exactement le temps qu\u2019elle a dur\u00e9. Dans le m\u00eame temps, l\u2019amn\u00e9sie officielle gomme les responsabilit\u00e9s des seigneurs de la guerre qui sont devenus les ma\u00eetres actuels du pays. <\/li>\n<li>Enrayer les responsabilit\u00e9s et la culpabilit\u00e9 des chefs et partis miliciens, devenus les nouveaux repr\u00e9sentants de leurs confessions et les nouveaux ma\u00eetres politiques du pays.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Les <i>int\u00e9r\u00eats de l\u2019apr\u00e8s-guerre<\/i>, ceux li\u00e9s aux besoins de reconstruire l\u2019\u00e9conomie, la soci\u00e9t\u00e9, le syst\u00e8me politique libanais sur les m\u00eames bases que celles qui existaient avant-guerre : sectarisme politique et syst\u00e8me de laissez-faire \u00e9conomique d\u00e9brid\u00e9. L\u2019entente \u00e9troite entre l\u2019amn\u00e9sie officielle et les promesses de l\u2019apr\u00e8s-guerre se r\u00e9sume en un mot : la reconstruction, telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 symbolis\u00e9e par la reconstruction du centre-ville d\u00e9vast\u00e9 de Beyrouth en un centre d\u2019affaires international de quelque deux millions de m\u00e8tres carr\u00e9s de surface de bureaux. Le message ? Le nouveau Liban, symbolis\u00e9 par la reconstruction du centre-ville de Beyrouth, signifie tout simplement le retour au Liban de l\u2019\u00e2ge d\u2019or de l\u2019avant-guerre, celui de la coexistence des communaut\u00e9s et de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique. Mais si l\u2019avant-guerre \u00e9tait un tel \u00ab \u00e2ge d\u2019or \u00bb, ainsi que l\u2019ancien Premier ministre, M. Rafic Hariri voulait nous le faire croire, pourquoi donc la guerre s\u2019est-elle impos\u00e9e d\u2019embl\u00e9e ? <\/p>\n<p>La <i>substitution des causes<\/i>. La r\u00e9ponse \u00e0 la question de la causalit\u00e9 est toute pr\u00eate. Afin de rompre tout lien entre la p\u00e9riode d\u2019avant-guerre et la guerre elle-m\u00eame, la guerre est pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00ab la guerre des autres \u00bb ou, dans sa version modifi\u00e9e, \u00ab la guerre pour les autres \u00bb, deux formules forg\u00e9es par le journaliste et l\u2019homme politique M. Ghassan Tu\u00e9ni, qui contribuent \u00e0 innocenter totalement les Libanais et \u00e0 les d\u00e9gager de toute responsabilit\u00e9 par rapport \u00e0 la guerre. Ce sont \u00ab les autres \u00bb qu\u2019il faut bl\u00e2mer. La question qu\u2019il est interdit, \u00e9videmment, de poser est : comment se fait-il que de si nombreux Libanais aient \u00e9t\u00e9 aussi enthousiastes \u00e0 s\u2019entretuer pour \u00ab les autres \u00bb ? Mais qui sont les autres ? Une version dominante de cette amn\u00e9sie officielle est largement r\u00e9pandue aujourd\u2019hui chez les nouveaux champions de cette interpr\u00e9tation. Son nom de code est <i>Tawtin<\/i> \u00ab L\u2019implantation des Palestiniens au Liban \u00bb. Les Palestiniens : le seul protagoniste qui n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la table des n\u00e9gociations pour mettre un terme \u00e0 la guerre, en est aujourd\u2019hui tenu pour responsable, accus\u00e9 d\u2019avoir foment\u00e9 un complot pour s\u2019implanter au Liban et en faire sa patrie d\u00e9finitive. Il n\u2019y a pas d\u2019amn\u00e9sie sans une causalit\u00e9 de rechange pour le traumatisme. <\/p>\n<p><b>Amnistie <\/b><\/p>\n<p>La loi d\u2019amnistie de 1991 prend bien soin de la question de la responsabilit\u00e9. Du moment que la guerre est devenue celle des autres, personne n\u2019en est responsable et personne ne doit \u00eatre sanctionn\u00e9. La loi contient une aberration suppl\u00e9mentaire, encore plus humiliante pour la centaine de milliers de victimes de cette guerre. Un milicien\/chef de milice, responsable de la mort de plusieurs centaines de civils peut b\u00e9n\u00e9ficier de la loi d\u2019amnistie et \u00eatre totalement disculp\u00e9. Mais quelqu\u2019un qui est impliqu\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre dans l\u2019assassinat ou la tentative d\u2019assassinat d\u2019une douzaine de politiciens ou de dignitaires religieux est toujours passible de poursuites. Les \u2018crimes\u2019 de se dernier est nomm\u00e9 \u2018crime contre la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019Etat\u2019. <\/p>\n<p><b>3) Pourquoi se souvenir ?<\/b><\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 une pratique dominante qui focalise le processus de rem\u00e9moration de la guerre sur le seul aspect de la violence, trois \u00e9l\u00e9ments doivent, \u00e0 mes yeux, \u00eatre retenus.<\/p>\n<p><i>Les causes de la guerre<\/i>. Les facteurs qui poussent les gens \u00e0 passer des luttes politiques et sociales \u00e0 l\u2019utilisation de la violence arm\u00e9e doivent \u00eatre radicaux. Il faut donc en chercher les causes multiples et profondes en premier lieu au niveau interne.<\/p>\n<p>Les le\u00e7ons \u00e0 tirer des dures \u00e9preuves de la guerre. Prenons pour exemple cette habitude absurde et meurtri\u00e8re qui consiste \u00e0 s\u2019appuyer sur des alli\u00e9s ext\u00e9rieurs contre les adversaires locaux; rien ne peut \u00eatre impos\u00e9 aux Libanais par la force, m\u00eame ce qui appara\u00eet \u00eatre pour leur bien, il n\u2019y a jamis aucun vainqueur dans une guerre civile, etc. <\/p>\n<p>La guerre doit \u00e9galement \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e comme un r\u00e9cit, soit une suite objective et chronologique d\u2019\u00e9v\u00e9nements et de d\u00e9veloppements. C\u2019est le \u00ab droit de l\u2019homme libanais \u00bb de savoir ce qui s\u2019est chronologiquement pass\u00e9 pendant la guerre et de pouvoir \u00e9couter, lire, observer et d\u00e9couvrir les r\u00e9cits sur les causes de cette guerre, ses d\u00e9veloppements, ses acteurs locaux, r\u00e9gionaux et internationaux, et comment elle s\u2019est termin\u00e9e.<\/p>\n<p><b>4) Que faut-il oublier ?<\/b><\/p>\n<p>Une des caract\u00e9ristiques de l\u2019amn\u00e9sie est qu\u2019elle fait vivre le traumatisme au pass\u00e9, elle le reproduit et le re-interpr\u00e8te (dans le sens th\u00e9\u00e2tral de l\u2019interpr\u00e9tation) continuellement. Pour ce faire, l\u2019amn\u00e9sie d\u00e9tache le traumatisme de ses causes. Ou bien, elle lui en invente de nouvelles, des pseudos causes, secondaires, imaginaires. Dans se sens, oublier c\u2019est vivre au pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, tandis que l\u2019amn\u00e9sie cultive le mutisme, l\u2019oubli et le d\u00e9passement du traumatisme n\u00e9cessitent la narration. <\/p>\n<p>Il faut se souvenir pour pouvoir oublier, sans paradoxe aucun ! On n\u2019oublie, dans se sens, que ce que l\u2019on conna\u00eet, ce dont on se souvient.<\/p>\n<p>Bien que, tant d\u2019un point de vue fran\u00e7ais que libanais, je ne sois pas un admirateur d\u2019Ernest Renan, je reste persuad\u00e9 qu\u2019il a mis en relief une \u00e9quation int\u00e9ressante pour le sujet que nous abordons : une nation se construit autant sur des m\u00e9moires partag\u00e9es que par des oublis partag\u00e9s. De mon point de vue, les horreurs de la guerre, les tueries, les vendettas, les massacres, les diverses formes de violence, physiques, rituelles ou symboliques se doivent d\u2019\u00eatre oubli\u00e9s. Comme le disait Renan, il vaut mieux oublier le massacre de la Saint Barth\u00e9l\u00e9my. Mais je tiens \u00e0 le r\u00e9p\u00e9ter : nous ne pouvons oublier que ce que nous nous rappelons, ce que nous savons. <\/p>\n<p>Oublier, pour vivre, pour rester pr\u00e9sent, pour rester fid\u00e8le au quotidien, comme aurait dit Aug\u00e9.<\/p>\n<p><i>Une m\u00e9moire pour l\u2019oubli<\/i>, tel est le titre du r\u00e9cit que Mahmoud Darwich a \u00e9crit sur le si\u00e8ge isra\u00e9lien de Beyrouth durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1982. C\u2019est \u00e0 la fois un chant d\u2019amour pour Beyrouth et une fa\u00e7on pour le po\u00e8te de pr\u00e9senter ses excuses au peuple libanais au nom des Palestiniens et de l\u2019OLP pour les fautes qu\u2019ils ont commises durant leur exp\u00e9rience libanaise. Le titre dit tout en soi : vous pouvez d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment oublier tout ce que vous vous rappelez, c\u2019est-\u00e0-dire ce que vous avez r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de l\u2019oubli et de l\u2019amn\u00e9sie. Un proverbe arabe nous apprend que si l\u2019on d\u00e9signe l\u2019homme par le terme <i>ins\u00e2n<\/i> c\u2019est parce qu\u2019il est <i>n\u00e2s\u00ee<\/i>, oublieux. Le choix de l\u2019oubli peut \u00eatre salutaire. <\/p>\n<p><b>5) Le Temps<\/b><\/p>\n<p>1) La m\u00e9moire et l\u2019histoire. La m\u00e9moire collective ne peut \u00eatre la somme, des m\u00e9moires d\u2019un certain nombre d\u2019individus, sans rien enlever \u00e0 l\u2019importance de celles-ci. La m\u00e9moire collective ne doit pas \u00eatre une construction. Je veux dire par l\u00e0 qu\u2019il ne peut y avoir de m\u00e9moire collective sans un effort de r\u00e9\u00e9criture de l\u2019histoire. En d\u2019autres termes, l\u2019histoire est un des \u00e9l\u00e9ments de la m\u00e9moire collective. Il faut que la guerre de 1975-1990 soit historicis\u00e9e, sans que cela signifie, n\u00e9cessairement, la construction d\u2019une seule histoire de cette guerre.<\/p>\n<p>2) La m\u00e9moire et le futur. La m\u00e9moire concerne le pass\u00e9, mais qu\u2019en est-il du pr\u00e9sent ? Et du futur ? Nous avons \u00e9tabli une relation entre le besoin de survivre, au pr\u00e9sent, et le besoin d\u2019oublier. Mais il y a plus encore. Combien d\u2019efforts, intellectuels ou autres, doivent \u00eatre faits pour r\u00e9gler ses comptes avec le pass\u00e9 et combien d\u2019autres pour envisager le futur ? Dans son essai monumental intitul\u00e9 <i>Le principe d\u2019esp\u00e9rance<\/i>, le philosophe allemand marxiste, Ernst Bloch d\u00e9veloppe une critique originale de Freud en \u00e9tablissant une distinction entre les r\u00eaves nocturnes et les r\u00eaves diurnes : les r\u00eaves nocturnes concernent le pass\u00e9 alors que les r\u00eaves diurnes concernent le futur. Ainsi faisant, Bloch juxtapose deux d\u00e9marches intellectuelles : la m\u00e9moire et l\u2019espoir. Les r\u00eaves diurnes expriment l\u2019espoir, ils repr\u00e9sentent les souhaits et les d\u00e9sirs que l\u2019on voudrait assouvir. L\u2019espoir requiert autant d\u2019efforts intellectuels et physiques que la m\u00e9moire mais il requiert aussi, plus que la m\u00e9moire, de la volont\u00e9 et de l\u2019imagination. Nous avons besoin des r\u00eaves du jour d\u2019autant plus que nous vivons dans un monde envahi par un jargon post-moderne qui veut nous faire croire que le progr\u00e8s est devenu un gros mot.<\/p>\n<p> AUGE, Marc, 2004 : <i>Les formes de l\u2019oubli<\/i>, Paris, Payot et Rivages (1\u00e8re \u00e9d. 1998, Payot).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les guerres libanaises : sur la n\u00e9cessit\u00e9 de se souvenir et le besoin d\u2019oubli Fawwaz Traboulsi La m\u00e9moire est un sujet d\u00e9licat aux nombreuses ramifications. 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